Encore et encore la même histoire (2)

Encore et encore la même histoire (2)

 Aujourd'hui, c'était un jour d'école, j'aimais beaucoup les jours d'école, car c'était un des endroits où on était loin du monstre. Où je pouvais l'oublier un moment. Où on pouvait l'oublier un moment... Un pull trop grand pour nous, enfiler, j'ai pris deux gâteaux, et deux bouts de pain, que j'ai mis sous mon pull, et nous partîmes en courant mais discrètement pour l'école.

- Tiens un gâteau, pour le petit-déjeuner.
- Merci.
- Mange-le pas trop vite, savoure-le un petit peu...
- Mais ché tellement bon... Et ché trop tard. Dit-elle en souriant.
On était dans la même classe, et à la fin du cours, la maîtresse nous appela.
- Oui madame ?
- Ça va bien à la maison, tous les deux ?
- Oui...
Non ça ne va pas à la maison, je veux que vous enfermiez ce monstre, qu'il parte loin de nous, mais j'ai peur de vous le dire, parce que s'il l'apprend, il va me frapper ou encore pire frapper Jenna. Lisez le regard dans mes yeux, est-ce que j'ai l'air bien ? On a besoin d'aide, surtout Jenna.
- Pourquoi mettez-vous des pulls, alors qu'il fait presque 30° dehors ?
- Parce que... Parce qu'on est de nature frileuse...
Parce que ce monstre nous frappe, et ne nous laisse pas le choix.
- Je vois. Et ça vous dérangerait si j'envoie une assistante sociale chez vous ?
- Non, pas le moins du monde.
Pitié que ce monstre se fasse prendre...
C'était la pause déjeuner. Moi et Jenna, on s'assit alors au bord d'un banc, en dessous d'un arbre et mangâmes les deux bouts de pain que j'avais pris.
- Tu as toujours faim ?
- Non... Ça va aller Djalil...
- Viens...
Je la pris par la main, et l'emmenai au pied d'un cerisier. Grimpais à l'arbre et lui envoyais des cerises, beaucoup de cerises. On prit les cerises, et on les mangeait une par une, elles étaient juteuses.
- Merci Djalil...
- Pas besoin de me remercier, je les mange aussi non ?
Rentré à la maison, après l'école, le monstre était encore ivre, allongé sur le canapé.
- Jenna, ma petite viens ici.
Non qu'est-ce qu'il allait encore lui faire... Pitié, qu'elle n'ait pas grand chose.
- Chante-moi une chanson.
Elle s'éxécuta et elle avait une voix absolument divine. Dès qu'elle avait fini, il prit une canette, lui jeta dans le visage, sur le front et dit.
- Dégage, c'est bon, j'en ai marre.
Quel monstre, je ne le supportais plus. Mais c'était quoi son problème ? J'ai envie de lui casser la gueule. Mais Jenna revenait, me souriait et dit "Tu sais Djalil, ce n'est rien, ça aurait pu être pire... Je vais bien, c'est le plus important." Elle avait le don de calmer les choses. Je l'aimais fort.