Les premières lueurs du matin s'étaient posées sur la terre. Réveillé par la sonnette de la porte, j'allais ouvrir la porte, une jeune femme, grande, fine, cheveux attachés par un chignon qui sentait bon le parfum se présenta.
- Bonjour, je suis l'assistance sociale chargée d'enquêter ici. Tu peux m'appeler Caroline mon petit garçon.
- Moi, c'est Djalil, je suis enchantée de vous connaître.
- Tu peux me faire visiter les lieux s'il te plaît ?
Sans dire, un mot, je lui fis visiter, mais la visite fut brève. Jennat avait tout nettoyé la soirée d'avant, donc tout était propre. Mais le monstre était allongé dans le canapé, puant l'alcool à plein nez.
- Monsieur ? Monsieur ?! Bon... Puisqu'il ne se réveillera pas de si tôt, passons à un petit entretien entre moi, ta sœur et toi. D'accord ? Dit-elle en notant des choses dans son carnet avant de remonter ses lunettes du nez.
- Jennat, la dame est ici pour nous interroger. Réveille-toi.
- Djalil, je suis fatigué, j'ai fait tout le ménage hier, tu peux me laisser dormir encore un peu.
- D'accord Jennat, dort encore un peu. Dis-je en la couvrant de sa couverture qui était tombée.
- Veuillez excuser ma sœur, elle est fatiguée...
- Ce n'est pas grave. Tu peux me dire si tu apprécies l'homme dans le salon ?
- Honnêtement, moi et ma sœur, on a aucun attachement pour lui, on vit ici pour avoir un toit, ce n'est même pas notre vrai père. Mais on se contente de ce qu'on a pas vrai ?
- D'accord... Vous frappe-t-il ?
- Non... Dis-je en mentant.
- Je peux examiner ton corps ?
Sans rien ajouter de plus, j'enlevais les habits que j'avais sur moi. Elle vit pleins de bleu et égratignures.
- Oh mon Dieu... Dit-elle en passant sa main sur mon dos. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Bon d'accord, je vais tout vous dire, mais promettez moi de ne pas nous séparer, ma sœur et moi. Elle est tout ce que j'ai.
- Bien sûre joli cœur. C'est mon travail.
- Alors... Il nous tape fréquemment, il boit souvent, même presque toujours et il ne nourrit jamais. On doit se débrouiller à nos dépens. La vérité, c'est qu'on doit toujours porter des pulls, même en été, pour cacher nos bleus.
- Djalil ! Vient ici !
- Excusez-moi.
Je vis la colère dans les yeux du monstre, il était très en colère. Il mit l'assistante sociale à la porte et commença à me frapper, en me disant que je ne l'avais jamais remercié pour ce qu'il nous avait donné. Cet homme était horrible ! Je n'en pouvais plus.
Les liens du sang (6)
